Sept fonctions, dix-neuf variables
En bref. Comment évaluer un siège ergonomique ou dynamique ? Avec une grille de sept fonctions et dix-neuf variables : adaptabilité, compensations, mobilité du bassin, équilibre postural, contraintes mécaniques, information mécanique et préservation tissulaire. Chaque variable est cotée de 0 à 4 selon ce que l’architecture permet, indépendamment de la technologie employée.
Ce troisième chapitre présente le cœur du référentiel SBNFA™ : les sept fonctions et les dix-neuf variables d’état qui permettent d’évaluer ce qu’une architecture d’assise autorise ou contraint, avec, pour chaque variable, ce que l’on observe et le piège d’interprétation à éviter.
Il expose l’échelle de 0 à 4 et le statut du ND, les règles de frontière contre le double comptage, le calcul du score et les limites de la méthode, y compris celles de la pondération. Il précise comment lire ces sept fonctions à travers l’adaptabilité posturale et tissulaire, sans les redistribuer, puis présente la méthode d’analyse structurelle qui éclaire les interdépendances entre les dix-neuf variables sans modifier aucune cotation.
Introduction
C’est ici que le référentiel devient une grille opératoire. Les principes du chapitre 2 ne servent à rien s’ils ne se traduisent pas en questions précises que l’on peut poser à un dispositif d’assise, observer et coter. La grille SBNFA™ comporte sept fonctions, déclinées en dix-neuf variables d’état, chacune notée de 0 à 4 ou ND.
Ce chapitre est le cœur du dossier. Il présente chaque variable avec ce que l’on observe et le piège d’interprétation à éviter, puis les règles qui gouvernent la cotation : échelle commune, statut du ND, frontières entre variables, calcul du score. Les fonctions et variables sont celles définies dans la Partie II du référentiel [1].
Un point de méthode domine tout le chapitre : la grille note les capacités offertes par l’architecture d’assise. Elle ne note ni l’usage qu’en fait un sujet, ni le confort déclaré, ni la présence d’un mécanisme donné. Pour chaque variable, l’évaluateur doit pouvoir dire pourquoi l’état retenu est entièrement démontré et pourquoi l’état immédiatement supérieur ne l’est pas.
1. Vue d’ensemble : sept fonctions, dix-neuf variables
Les sept fonctions sont la traduction opératoire des principes du chapitre 2. Chacune a une finalité fonctionnelle, des sources scientifiques associées et des variables constitutives.

| Fonction | Finalité | Variables | Sources associées |
|---|---|---|---|
| 1. Préservation du potentiel d’adaptabilitéPotentiel d’adaptabilitéPossibilités accessibles à une personne dans une situation donnée pour modifier son organisation posturale et faire varier les contraintes exercées sur les tissus, sans perdre son équilibre ni concentrer durablement ces contraintes.Lire la fiche complète : Potentiel d’adaptabilité | Permettre au corps d’adapter librement sa posture aux contraintes internes et externes, sans subir le fonctionnement du siège. | ADP-1, ADP-2 | Bernstein [2] |
| 2. Gestion des compensations | Permettre au système locomoteur d’absorber et de répartir les adaptations nécessaires, sans reporter excessivement les contraintes sur un autre segment. | COM-1, COM-2 | Vleeming [3] ; Hasegawa & Dubousset [4] |
| 3. Mobilité du bassinMobilité du bassinLa mobilité du bassin est sa capacité à changer d’orientation par rapport au rachis et aux fémurs : vers l’avant ou vers l’arrière (antéversion, rétroversion), sur le côté (bascule latérale) et en rotation.Lire la fiche complète : Mobilité du bassin | Permettre au bassin, carrefour entre tronc et membres inférieurs, d’organiser mouvements et transferts d’appui dans les trois plans. | MOB-1, MOB-2, MOB-3 | Hasegawa & Dubousset [4] ; Barrey [5] |
| 4. Régulation de l’équilibre posturalÉquilibre posturalL’équilibre postural est la capacité à maintenir ou à rétablir la projection du centre de masse à l’intérieur de la base d’appui, en situation statique comme en mouvement. En position assise, il met en jeu le tronc, le bassin et les hanches.Lire la fiche complète : Équilibre postural | Permettre au sujet de déplacer son centre de masseCentre de masseLe centre de masse est le point où l’on peut considérer la masse totale du corps concentrée. Il se déplace à chaque changement de position ; dans le champ de pesanteur terrestre, il coïncide en pratique avec le centre de gravité.Lire la fiche complète : Centre de masse, de s’arrêter, de se stabiliser puis de repartir, sans blocage ni instabilité imposée. | EQU-1, EQU-2, EQU-3 | Peterka [6] ; Boonstra [7] ; Mergner [8] |
| 5. Gestion et variabilité des contraintes mécaniques | Éviter que les mêmes tissus supportent durablement les mêmes contraintes. | CON-1, CON-2 | Landis [9] ; Lengsfeld [10] |
| 6. Traitement et restitution de l’information mécanique corporelle | Fournir au corps une réponse mécanique lisible et fidèle, afin qu’il puisse ajuster efficacement sa posture. | INF-1, INF-2, INF-3 | Langevin [11] |
| 7. Préservation tissulaire | Préserver la mobilité relative des tissus et leur alternance de charge, pour limiter compression prolongée, cisaillementCisaillementLe cisaillement est une déformation produite par des forces parallèles ou tangentielles à une surface, qui font glisser l’une par rapport à l’autre des couches ou des régions voisines d’un tissu.Lire la fiche complète : Cisaillement et glissement forcé. | PRE-1, PRE-2, PRE-3, PRE-4 | Langevin et al. [12] ; Schleip et al. [13] |
[PROPOSITION SBNFA] Les sources associées documentent des phénomènes ; elles ne valident pas ces dimensions comme instrument. Le nombre de variables diffère selon les fonctions et ne justifie pas, à lui seul, une pondération scientifique.
Lire les sept fonctions à travers l’adaptabilité
L’adaptabilitéAdaptabilitéConcept intégrateur Blue Portance désignant la capacité du corps à ajuster son organisation posturale et ses réponses tissulaires face aux contraintes, tout en préservant équilibre, mobilité et répartition des charges.Lire la fiche complète : Adaptabilité, concept intégrateur du référentiel, s’exprime sous une forme posturale et une forme tissulaire. Trois dimensions de lecture transversales — posturale ou biomécanique ; sensorielle, informationnelle et proprioceptive ; tissulaire — permettent de lire les sept fonctions sans les remplacer ni les redistribuer. [PROPOSITION SBNFA] Ces niveaux de lecture ne font l’objet d’aucune cotation ; leur définition figure au chapitre 2 (potentiel d’adaptabilité en position assise).
2. Adaptabilité, compensations et mobilité du bassin (fonctions 1 à 3)
Les trois premières fonctions concernent ce que le sujet peut initier, ce que le système locomoteur peut absorber et ce que le bassin peut faire dans les trois plans.
Fonction 1 — Préservation du potentiel d’adaptabilité
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| ADP-1 — Pilotage par le sujet | On provoque des changements progressifs d’organisation dans plusieurs directions et l’on détermine si le mouvement est initié et contrôlé par le sujet, ou produit, orienté ou rappelé par l’assise. | Une assise mobile n’obtient pas nécessairement une bonne note : si elle impose sa trajectoire, elle réduit le potentiel d’adaptation. |
| ADP-2 — Réponse aux micromouvementsMicro-mouvementsDéplacements de faible amplitude pouvant participer aux ajustements posturaux continus et faire varier les appuis et les contraintes sans changement complet de position.Lire la fiche complète : Micro-mouvements | On applique des sollicitations volontaires de très faible amplitude et l’on recherche un seuil d’activation, une zone morte, une discontinuité ou un rappel dominant. | On ne note pas la fréquence des micromouvements du sujet, mais la capacité de l’assise à y répondre lorsqu’ils surviennent. |
Fonction 2 — Gestion des compensations
Le fondement de cette fonction est documenté. L’articulation sacro-iliaqueArticulation sacro-iliaqueL’articulation sacro-iliaque relie le sacrum à l’os iliaque, de chaque côté du bassin. Articulation vraie, très stable et de très faible amplitude, elle transmet et répartit les contraintes entre le tronc et les membres inférieurs.Lire la fiche complète : Articulation sacro-iliaque est décrite comme une articulation de faible amplitude au rôle fonctionnel important dans le transfert des charges et la régulation posturale du bassin [3], le bassin étant lui-même décrit comme relais central de la chaîne de compensation [4]. [ÉTABLI] COM-1 et COM-2 en tirent une question mécanique posée à l’assise : laisse-t-elle ces microajustements s’exprimer, ou les bloque-t-elle en reportant la contrainte sur un autre segment ?
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| COM-1 — Déplacement horizontal du bassin | On recherche un déplacement pelvien de faible amplitude vers l’avant, l’arrière, la droite, la gauche et les directions intermédiaires. | Un glissement du corps sur une surface fixe ne démontre pas cette capacité ; ce n’est pas une mobilité pelvienne macroscopique. |
| COM-2 — Rotulation rachis–pelvis | On observe si de petites réorganisations relatives entre rachis et pelvis restent possibles sans déplacement global obligatoire ni entraînement monobloc. | La variable n’évalue ni l’amplitude anatomique de l’articulation sacro-iliaque ni le mouvement réellement produit : elle évalue l’absence de blocage par le support. |
Fonction 3 — Mobilité du bassin
Les trois plans sont testés séparément. Une mobilité importante dans un plan ne compense pas une restriction dans un autre.
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| MOB-1 — Mobilité sagittale | Antéversion et rétroversion vérifiées séparément, avec leur continuité, leur contrôle et l’absence de trajectoire imposée. | Une bascule globale du siège ne prouve pas que le bassin dispose d’une mobilité sagittale propre. L’incidence pelvienneIncidence pelvienneL’incidence pelvienne est un angle anatomique propre à chaque individu, fixé à la maturité squelettique. Elle conditionne en grande partie l’organisation sagittale du bassin et du rachis et ne varie pas avec la posture.Lire la fiche complète : Incidence pelvienne est morphologique et non modifiable par l’assise. |
| MOB-2 — Mobilité frontale | Inclinaisons et transferts de charge droite/gauche, et absence de solidarisation obligatoire des deux côtés. | Une oscillation globale du plateau ne démontre pas à elle seule cette capacité. |
| MOB-3 — Mobilité rotatoire | Rotations pelviennes dans les deux sens, dissociation droite/gauche, possibilité d’une contre-rotation du tronc. | Une rotation obtenue par glissement n’est pas une mobilité offerte par l’architecture ; elle ne se déduit pas des deux autres plans. |
3. Équilibre postural (fonction 4)
La fonction 4 est celle qui distingue le plus nettement les architectures, parce qu’elle porte sur ce que le mouvement permet de stabiliser. Elle ne récompense pas l’instabilité : elle évalue la possibilité de se déplacer dans un espace utile, de s’arrêter, de se stabiliser et de repartir.
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| EQU-1 — Indépendance gauche/droite des chaînes hanche–cheville à 360° | On sollicite séparément chaque côté dans toutes les directions, pieds en appui, et l’on cherche si le support impose l’entraînement de l’autre côté. | On évalue l’indépendance mécanique permise par l’assise, non l’absence de coordination anatomique entre les chaînes, qui reste naturelle. |
| EQU-2 — Périmètre de latitude posturale | On explore les directions fonctionnelles et l’on vérifie successivement le déplacement, l’arrêt, le maintien stable puis la reprise du mouvement. | L’amplitude seule ne suffit pas : une assise très mobile qui ne permet pas de s’arrêter ou de se stabiliser ne peut pas obtenir la note maximale. |
| EQU-3 — Réglage du point zéro | On inventorie les organisations mécaniques de référence accessibles et l’on apprécie la plage, la continuité et, le cas échéant, la différenciation du réglage. | L’adaptation à la morphologie est la finalité du réglage, non une fonction supplémentaire : aucune notation d’« adaptabilité morphologique » n’est créée. |
Cette fonction traduit dans la grille la distinction du chapitre 1 entre assise statique, instable et dynamique stabilisée. Une architecture dont le rappel est imposé se voit pénalisée par EQU-2 ; une architecture qui solidarise les deux côtés du bassin se voit pénalisée par EQU-1 ; une architecture qui impose une orientation pelvienne unique se voit pénalisée par EQU-3. Aucune de ces pénalités ne repose sur une préférence technologique : chacune se justifie par un observable.
[PROPOSITION SBNFA] Le « point zéro » désigne l’organisation mécanique de référence autour de laquelle s’exerce la régulation de l’équilibre. Son réglage doit rester individualisable : le rapport de 90° entre bassin et fémur n’est pas une norme établie, seulement une hypothèse fonctionnelle à moduler selon l’incidence pelvienne du sujet.
4. Contraintes mécaniques et information mécanique (fonctions 5 et 6)
Les fonctions 5 et 6 portent sur ce que l’assise fait des appuis et de l’information mécanique que le corps lui transmet.
Fonction 5 — Gestion et variabilité des contraintes mécaniques
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| CON-1 — Répartition spatiale des pressions | L’étendue des surfaces porteuses, la présence de zones non soutenues, de concentrations ou de points durs ; une cartographie de pression peut renforcer l’observation. | La note n’est pas la pression moyenne la plus faible. Aucun seuil universel d’ischémie ne peut être déduit d’une observation experte. |
| CON-2 — Variabilité temporelle des pressions | On applique des mouvements d’amplitudes différentes et l’on vérifie s’ils entraînent une redistribution des pressions entre zones d’appui. | Ne pas recompter ici l’alternance permanente des charges, évaluée en PRE-3. |
Fonction 6 — Traitement et restitution de l’information mécanique corporelle
La proprioceptionProprioceptionLa proprioception est la capacité du corps à percevoir la position, le mouvement et l’effort de ses différentes parties, sans avoir besoin de les regarder.Lire la fiche complète : Proprioception n’est pas « produite » par l’assise. La boucle considérée est : mouvement corporel, information mécanique transmise à l’assise, réponse de l’assise, retour sensoriel vers le corps, ajustement sensorimoteur. La fonction évalue la fidélité de traitement et de restitution, non la seule amplitude de mobilité. Trois variables restent séparées : une réponse peut être cohérente sans être localisée, ou localisée sans être proportionnée.
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| INF-1 — Cohérence de la réponse mécanique | On applique plusieurs fois la même sollicitation et l’on compare direction, moment, continuité et reproductibilité de la réponse. | On évalue la réponse mécanique, non la proprioception du sujet ni sa perception déclarée. |
| INF-2 — Traitement localisé et différencié | On sollicite séparément différentes zones porteuses et l’on recherche si l’origine locale est conservée ou si toute l’assise répond en bloc. | Une grande mobilité globale peut recevoir une note faible si toute sollicitation locale entraîne l’ensemble du support. |
| INF-3 — Proportionnalité de la réponse | On applique une progression de sollicitations, des plus faibles à la plage fonctionnelle utile, et l’on compare leur amplitude à celle de la réponse. | On n’exige pas une proportionnalité mathématique, mais une progression cohérente sans effet tout-ou-rien, seuil brutal ni saturation précoce. |
5. Préservation tissulaire (fonction 7)
La fonction 7 est construite exclusivement à partir de ce que l’assise offre. Elle répond à la contrainte de l’appui durable sur une interface, qui réduit les microdécharges, limite la variabilité des appuis et peut imposer aux tissus de glisser ou de se déformer lors des mouvements.
[PROPOSITION SBNFA] Définition et choix de l’observable. [MÉCANIQUE] Nature de la capacité à rechercher ; son attribution à un produit exige une observation documentée.
| Variable | Ce que l’on observe | À ne pas conclure |
|---|---|---|
| PRE-1 — Liberté et indépendance de mouvement de chaque segment | On sollicite séparément les différentes régions en appui et l’on recherche les entraînements solidaires, glissements forcés ou cisaillements dominants. | La segmentation est un moyen technique possible, non une condition de la note : une autre architecture peut obtenir le même résultat fonctionnel. |
| PRE-2 — Micromouvements localisés | On applique de très faibles sollicitations sur différentes zones et l’on observe si des mouvements relatifs locaux sont possibles sans déplacement global obligatoire. | On évalue la capacité propre de la surface, non les mouvements réalisés par le sujet ; la variable se distingue d’ADP-2. |
| PRE-3 — Alternance permanente des charges | On vérifie si des mouvements, même minimes, produisent des phases répétées de charge et d’allègement sur les différentes zones tissulaires. | On évalue la capacité offerte par l’interface ; l’effet sur la perfusion exige une preuve biologique distincte. |
| PRE-4 — Déformabilité adaptée des surfaces | On apprécie simultanément l’adaptation locale aux formes, la conservation du soutien, l’absence de points durs et d’affaissement global. | Une surface très souple ne reçoit pas automatiquement une bonne note : la souplesse seule n’est pas une qualité fonctionnelle. |
Le référentiel précise que les phénomènes biologiques associés — mécanotransductionMécanotransductionLa mécanotransduction est le processus par lequel une cellule convertit une sollicitation mécanique, comme un étirement, une pression ou un cisaillement, en signaux biochimiques qui modifient son activité.Lire la fiche complète : Mécanotransduction, fluage, reperfusion, ischémie, glissement entre plans tissulaires — sont les effets attendus ou les mécanismes explicatifs de cette fonction, non des variables supplémentaires [14]. La grille évalue les capacités offertes par l’interface ; ces effets relèvent d’études biologiques spécifiques.
6. Échelle de 0 à 4, ND et règles de cotation
Chaque variable est cotée selon une échelle commune, dont les ancrages précis sont propres à chaque variable dans la Partie II du référentiel.
| Note | Signification générale |
|---|---|
| 0 | Capacité absente ou empêchée par l’assise. |
| 1 | Capacité très faible, principalement contrainte ou produite par un mécanisme imposé. |
| 2 | Capacité présente, mais limitée à certaines directions, amplitudes ou conditions. |
| 3 | Capacité largement offerte, avec quelques restrictions identifiables. |
| 4 | Capacité pleinement offerte dans l’ensemble de la plage fonctionnelle évaluée. |
| ND | Données ou observations insuffisantes pour attribuer une note. |
Sept règles générales encadrent la cotation [1] :
- une capacité disponible n’est pas dépréciée parce que le sujet ne l’utilise pas spontanément ;
- les compensations personnelles du sujet ne peuvent pas améliorer la note du dispositif ;
- les sensations de confort ou les préférences ne constituent pas une preuve fonctionnelle ;
- la note correspond au niveau le plus élevé entièrement démontré ;
- si l’observation ne permet pas de conclure, la variable est notée ND, et non 0 ;
- les restrictions directionnelles, asymétries, couplages et conditions particulières doivent être consignés ;
- un ND n’est jamais converti implicitement en 0 dans une comparaison globale.
La règle du « niveau le plus élevé entièrement démontré » est volontairement conservatrice : dans le doute, la note est basse ou ND. Elle s’applique à tous les dispositifs, y compris au dispositif de Blue Portance. Un tableau de recueil, établi pour chaque assise, consigne la configuration testée, l’observation, la restriction constatée, la note et sa justification.
Un siège oscille largement dans toutes les directions, mais chaque écart appelle un rappel vers le centre. Sur ADP-1, l’évaluateur ne peut pas retenir 4 (« sans trajectoire imposée ni substitution ») puisque le rappel oriente l’adaptation ; il retient la note dont l’état est entièrement démontré et consigne le rappel comme restriction. Si la présence d’un rappel n’a pas pu être testée, la variable reste ND.
7. Règles de frontière : éviter le double comptage
Certaines variables portent sur des objets proches. Le référentiel fixe des règles de frontière pour éviter le double comptage : la même propriété ne doit pas être comptée successivement comme fonction, variable et indicateur.
| Variables proches | Objet propre de chaque cotation |
|---|---|
| ADP-2 / INF-3 | ADP-2 évalue la réponse aux très faibles mouvements ; INF-3 évalue la proportionnalité entre plusieurs niveaux de sollicitation et de réponse. |
| COM-1, COM-2 / MOB-1 à MOB-3 | COM évalue les microajustements compensatoires ; MOB évalue les mobilités macroscopiques du bassin dans les trois plans. |
| MOB / INF-2 | MOB évalue les mouvements permis ; INF-2 évalue la conservation de l’origine locale de la sollicitation. |
| CON-2 / PRE-3 | CON-2 évalue la redistribution temporelle des pressions ; PRE-3 évalue l’alternance permanente de charge et d’allègement produite par l’interface. |
| EQU-3 / adaptation morphologique | Le réglage du point zéro porte l’adaptation de l’organisation de référence ; aucune fonction supplémentaire n’est créée. |
Le référentiel reconnaît aussi une limite de fond : ses familles de fonctions ne sont pas statistiquement indépendantes, car adaptabilité, microajustements, variabilité des contraintes, réponse sensorimotrice et préservation tissulaire interagissent. Il ne prétend donc pas mesurer sept dimensions orthogonales. Il vise à éviter que la même capacité soit récompensée plusieurs fois.
8. Lire les profils avant toute synthèse numérique
[PROPOSITION SBNFA] L’échelle 0–4 est ordinale. Le profil des dix-neuf variables constitue la lecture principale : capacités observées, restrictions, directions testées, configuration, justification, couverture et confiance. Les sept familles permettent de regrouper cette lecture sans effacer les restrictions locales.
Une moyenne des variables déterminées d’une fonction peut servir de résumé descriptif. Une moyenne égale des sept résumés peut être conservée comme indicateur secondaire conventionnel, sans rang général ni interprétation des centièmes. La somme des notes déterminées et leur moyenne sont des calculs distincts : un total « sur 76 » n’a de sens que si les dix-neuf variables sont déterminées.
ND reste absent du calcul, jamais remplacé par zéro. Chaque fonction doit afficher sa couverture sous la forme « n/N variables déterminées ». Si les données manquantes ou les conditions diffèrent, une moyenne ne rend pas les profils comparables ; un ND peut masquer une restriction décisive.
[PERSPECTIVE] Les pondérations et les ancrages seront affinés au fil des versions du référentiel. Une forte capacité dans une fonction ne compense pas automatiquement une restriction dans une autre. Aucun score systémique dérivé de la matrice n’est retenu.
Le benchmark des six assises dynamiques est une application distincte et datée. Une modification d’une cotation produit ne change pas la définition du référentiel.
9. Lire les interdépendances : l’analyse structurelle des dix-neuf variables
Le référentiel reconnaît que ses familles de fonctions ne sont pas indépendantes (section 7). Plutôt que de l’ignorer, il propose de représenter ces interdépendances au moyen d’une analyse structurelle de type MICMAC [15], sans toucher aux cotations.
Le principe est simple. On construit une matrice qui croise les dix-neuf variables entre elles et l’on y inscrit, pour chaque couple, l’existence d’une relation directe. La somme d’une ligne indique ce que la variable conditionne (sa motricité) ; la somme d’une colonne indique ce qui la conditionne (sa dépendance). On regarde ensuite comment les relations se prolongent par des chemins indirects.
Ce qu’est une relation entre deux variables
Les variables sont des capacités offertes par l’architecture, non des états du corps. Une relation de A vers B se lit donc ainsi : une variation de la capacité A peut modifier directement l’expression fonctionnelle de la capacité B, sans qu’une troisième variable de la grille soit nécessaire comme intermédiaire. Chaque relation retenue est écrite avec son mécanisme et son niveau de preuve. La valeur par défaut est 0 : une relation n’est inscrite que si un mécanisme proposé peut être formulé, tracé et discuté.
| Valeur | Lecture |
|---|---|
| 0 | Aucune influence directe retenue dans la version du modèle ; ce code ne prouve pas l’absence de relation |
| 1 | Contribution secondaire, non nécessaire |
| 2 | Contribution directe importante |
| 3 | Condition mécanique structurante, quasi nécessaire |
Trois filtres pour ne pas inventer de relations
| Filtre | Question | Conséquence |
|---|---|---|
| Médiation | L’effet de A sur B passe-t-il par une autre variable de la grille ? | On inscrit les relations avec l’intermédiaire, non la relation directe. |
| Recouvrement | A et B décrivent-elles en partie le même objet (règles de frontière, section 7) ? | Aucune relation : ce serait un double comptage. |
| Cause commune | A et B dépendent-elles du même choix d’architecture sans que A agisse sur B ? | Aucune relation. |
Ce qui reste hors de la matrice
Le sujet n’est pas l’une des dix-neuf variables. La boucle sensorielle et proprioceptive décrite au chapitre 2 (principes fondateurs de l’évaluation biomécanique) passe par le corps du sujet : elle n’est donc pas représentée par des relations supplémentaires entre variables d’information et variables de mobilité, qui seraient artificielles. Elle reste dans le modèle explicatif. De même, la matrice ne dit rien de ce que le sujet fait des capacités offertes.
Comment lire le résultat
Quatre profils se dégagent : les variables motrices (elles conditionnent beaucoup et dépendent peu), les relais (elles reçoivent et transmettent), les dépendantes (elles dépendent beaucoup et conditionnent peu) et les autonomes (peu de relations). Les seuils de séparation sont les moyennes des sommes : la lecture est relative, et un profil peut changer lorsqu’on ajoute une relation. Il faut donc lire les grands contrastes, non les variables proches d’un seuil.
Garde-fous
- Une seule matrice pour tous les dispositifs. Elle est établie avant, et indépendamment, de l’application de la grille aux six dispositifs.
- Aucune cotation modifiée. Elle n’ajoute, ne retire ni ne redistribue aucune fonction ni aucune variable, et ne change ni les notes de fonction ni le score comparatif. Aucun score systémique n’est retenu à ce stade.
- Un jugement d’experts tracé. Chaque relation est codée avec son mécanisme, à partir de relectures croisées d’experts.
La lecture de la matrice est proposée au chapitre 4 (lecture systémique du benchmark).
Questions fréquentes
Quels critères pour choisir un siège ergonomique ou dynamique ?
Au-delà des réglages, sept questions : le siège suit-il vos changements de posture sans les imposer ? Laisse-t-il le bassin se déplacer et pivoter dans les trois plans ? Permet-il de s’arrêter et de rester stable hors du centre ? Les deux côtés du bassin sont-ils indépendants ? Les appuis varient-ils dans le temps ? La réponse du siège est-elle locale et proportionnée ? Les tissus en appui sont-ils préservés ? Ce sont les sept fonctions de la grille SBNFA™.
Combien de fonctions et de variables comporte la grille SBNFA™ ?
Sept fonctions et dix-neuf variables d’état : adaptabilité (2 variables), compensations (2), mobilité du bassin (3), équilibre (3), contraintes mécaniques (2), traitement de l’information mécanique (3) et préservation tissulaire (4). Chaque variable est cotée de 0 à 4 ou ND. Cette structure reste la même quelle que soit la lecture retenue (adaptabilité posturaleAdaptabilité posturaleDans le référentiel SBNFA™, l’adaptabilité posturale désigne la capacité fonctionnelle d’une personne à ajuster en continu son organisation corporelle — la maintenir, la modifier, redistribuer ses appuis — en fonction de la tâche, de l’environnement, des appuis disponibles et de son état fonctionnel du moment.Lire la fiche complète : Adaptabilité posturale, adaptabilité tissulaireAdaptabilité tissulaireDans le référentiel SBNFA™, l’adaptabilité tissulaire désigne la capacité fonctionnelle des tissus, notamment des fascias, à modifier leur configuration mécanique sous l’effet des contraintes, à redistribuer ces contraintes, à récupérer après décharge et à évoluer dans le temps sans perdre durablement leurs possibilités de déformation et de glissement.Lire la fiche complète : Adaptabilité tissulaire, dimension sensorielle).
Que signifie ND dans la grille ?
ND signifie que l’observation ne permet pas de conclure. Cette valeur n’est jamais convertie en 0 : la variable est exclue du calcul et la couverture est signalée, afin de ne jamais pénaliser un dispositif par manque de données ni combler une lacune par une note favorable.
La grille favorise-t-elle une technologie d’assise en particulier ?
Non. La grille note des capacités offertes, pas des mécanismes. Elle précise par exemple que la segmentation est un moyen technique possible, non une condition de la note en PRE-1. Une rotule, un ressort, une mousse ou un plateau oscillant ne constituent pas en eux-mêmes une fonction.
Pourquoi tous les critères ont-ils le même poids ?
C’est un choix de convention retenu pour la lisibilité du score. Une moyenne égale des sept fonctions est une convention secondaire ; elle ne fonde pas un classement général. D’autres pondérations sont concevables et restent à étudier.
Les dix-neuf variables sont-elles indépendantes les unes des autres ?
Non, et le référentiel ne le prétend pas : il ne mesure pas sept dimensions orthogonales. Les règles de frontière évitent le double comptage au moment de la cotation ; l’analyse structurelle de la section 9 décrit, en plus, comment les capacités se conditionnent entre elles.
L’analyse structurelle change-t-elle la note d’un dispositif ?
Non. La matrice est établie indépendamment des six dispositifs et ne modifie ni les cotations, ni les notes de fonction, ni le score comparatif. Elle éclaire la structure du modèle ; aucun score systémique n’est retenu à ce stade.
La grille mesure-t-elle un effet sur la douleur ou la santé ?
Non. Elle évalue les capacités mécaniques offertes par l’architecture d’assise, observées par un évaluateur expert. Les effets sur la perfusion, la douleur ou la santé exigent des preuves distinctes que la grille de niveau 1 ne fournit pas.
Références bibliographiques
L’apport et la portée de chaque source sont précisés au chapitre 6 (bibliographie commentée). Une référence associée à une variable documente un phénomène ; elle ne valide pas la variable.
- Blue Portance, 2026 (b) — Référentiel SBNFA™ — Partie II : modalités de notation. Document interne, version du 3 août 2026.
- Bernstein, 1967 — The co-ordination and regulation of movements. Pergamon Press.
- Vleeming et al., 2012 — The sacroiliac joint: an overview of its anatomy, function and potential clinical implications. Journal of Anatomy, 221(6), 537–567.
- Hasegawa & Dubousset, 2022 — Cone of economy with the chain of balance: historical perspective and proof of concept. Spine Surgery and Related Research, 6(4), 337–349.
- Barrey et al., 2013 — Compensatory mechanisms contributing to keep the sagittal balance of the spine. European Spine Journal, 22(Suppl. 6), S834–S841.
- Peterka, 2002 — Sensorimotor integration in human postural control. Journal of Neurophysiology, 88(3), 1097–1118.
- Boonstra, Schouten & van der Kooij, 2013 — Identification of the contribution of the ankle and hip joints to multi-segmental balance control. Journal of NeuroEngineering and Rehabilitation, 10, 23.
- Mergner, Maurer & Peterka, 2002 — Sensory contributions to the control of stance: a posture control model. Advances in Experimental Medicine and Biology, 508, 147–152.
- Landis, 1930 — Micro-injection studies of capillary blood pressure in human skin. Heart, 15, 209–228.
- Lengsfeld et al., 2000 — Spinal load changes during rotatory dynamic sitting. Clinical Biomechanics.
- Langevin, 2006 — Connective tissue: a body-wide signaling network?. Medical Hypotheses, 66(6), 1074–1077. Hypothèse de réseau, sans validation d’un effet d’assise.
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