Neurodynamique · lecture fonctionnelle
Compression nerveuse
La compression nerveuse est l’application d’une contrainte mécanique sur un nerf par les tissus ou les structures qui l’entourent. Selon son intensité et sa durée, elle peut perturber la circulation et la conduction nerveuses.
Socle scientifique
Un nerf périphérique traverse des passages anatomiques (canaux, défilés, interfaces musculaires et ligamentaires). Une contrainte appliquée par ces structures peut, selon son intensité et sa durée, perturber la microcirculation du nerf, puis sa conduction et, au-delà, la structure de ses fibres. Les syndromes canalaires en sont des exemples cliniques (Rempel, Dahlin et Lundborg 1999 ; Topp et Boyd 2006).
L’existence d’une compression ne se déduit pas d’une douleur, d’une posture ou d’une sensation d’engourdissement isolée. Elle repose sur un faisceau clinique et, selon les cas, sur des examens complémentaires ; pour le nerf pudendal, les critères de Nantes encadrent ce raisonnement (Labat et al. 2008).
Les enveloppes du nerf. Un nerf périphérique est organisé en couches conjonctives : l’endonèvre entoure chaque fibre, le périnèvre chaque faisceau, l’épinèvre l’ensemble du nerf. Autour de l’épinèvre, un tissu conjonctif lâche (le paranèvre) le relie aux structures voisines et permet son glissement (Millesi et Zöch 1990 ; Topp et Boyd 2006). Ces gaines sont elles-mêmes innervées (Bove 2008). La proximité entre un nerf et un fascia ne signifie ni contrainte mécanique, ni atteinte du nerf.
Lecture Blue Portance / SBNFA™
Dans le référentiel SBNFA™, la compression nerveuse est une interaction mécanique possible entre un nerf et son environnement. Le référentiel l’envisage parmi d’autres hypothèses dans certaines douleurs aggravées en position assise, sans la présumer.
Apport à l’analyse de l’assise
L’analyse de l’assise ne détecte pas une compression nerveuse. Elle décrit l’orientation du bassin et la répartition des appuis, qui modifient les conditions mécaniques autour de certains trajets nerveux ; leur interprétation relève d’une évaluation médicale.
À distinguer de
Douleur neuropathique, qui suppose une lésion ou une maladie du système somatosensoriel ; Névralgie, douleur dans le territoire d’un nerf ; « Nerf coincé », « pincement nerveux », expressions courantes, pas des diagnostics ; Tension neurale, mise en tension du nerf par l’allongement de son trajet ; Sensibilisation périphérique et sensibilisation centrale, processus de modification de la réponse du système nerveux ; Irritation nerveuse et réduction d’espace fonctionnel, traitées dans cette fiche.
Termes liés
Canal d’Alcock · Douleur neuropathique · Fascia endopelvien · Glissement nerveux · Muscle piriforme · Nerf pudendal · Névralgie pudendale · Pince ligamentaire · Sciatique · Sensibilisation périphérique · Tolérance mécanique nerveuse
Sources et portée
- Rempel, Dahlin et Lundborg (1999) : physiopathologie des syndromes de compression nerveuse, réponse des nerfs périphériques à la charge (Journal of Bone and Joint Surgery Am)
- Topp et Boyd (2006) : structure et biomécanique des nerfs périphériques, réponses aux contraintes physiques (Physical Therapy)
- Labat et al. (2008) : critères diagnostiques de la névralgie pudendale par atteinte du nerf pudendal, critères de Nantes (Neurourology and Urodynamics)
- Millesi et Zöch (1990) : l’appareil de glissement du nerf périphérique et sa signification clinique (Annales de chirurgie de la main)
- Bove (2008) : anatomie et innervation de l’épinèvre et du périnèvre, mécanismes nociceptifs axonaux (Journal of Bodywork and Movement Therapies)
Concept physiopathologique établi. La position assise ne comprime pas nécessairement le nerf pudendal, une douleur en position assise ne prouve pas une compression nerveuse, et aucune assise ne « libère un nerf coincé ».
Pour aller plus loin
- Pour en savoir plus — Article : Névralgie pudendale : douleur en position assise
- Pour approfondir — Dossier expert : Dossier expert Comprendre la douleur — Nerf comprimé ou mis en tension : quand devient-il douloureux ?
