1. Contexte et objectifs
La névralgie pudendale (NP) n’est pas seulement une “douleur du périnée”. Elle correspond à une désadaptation mécano-neuro-fasciale progressive résultant de l’interaction entre la géométrie du bassin, la posture, les contraintes de l’assise, les tensions du plancher pelvien et la dynamique propre du nerf pudendal.
Lorsque la réserve adaptative du système est dépassée, apparaissent compression, perte de glissement neural, densification fasciale et hypertonie de protection, conduisant à une douleur neuropathique souvent mal localisée (douleur projetée). Cette complexité explique la fréquence de l’errance diagnostique et la place centrale de la sensibilisation centrale dans les formes chroniques. Comprendre ces mécanismes permet d’orienter le diagnostic, d’éviter les fausses pistes et de structurer une prise en charge cohérente intégrant posture, assise et rééducation.
Dans ce contexte, l’objectif de cette base de connaissances est de fournir un socle explicatif rigoureux et cohérent permettant de comprendre la névralgie pudendale sans la réduire à un symptôme isolé (“brûlure urinaire”, “douleur rectale”, “hypersensibilité génitale”, etc.). Elle vise à distinguer clairement les causes, les mécanismes et les facteurs de vulnérabilité, afin de sortir de la confusion clinique fréquente :
- une douleur peut être intense sans lésion visible,
- et inversement, une anomalie anatomique peut exister sans douleur.
Dans la NP, la localisation ressentie de la douleur ne désigne pas forcément l’origine du conflit. La douleur peut être « projetée » par convergence nerveuse : on a mal dans une zone d’organe sain, alors que la contrainte mécanique se situe plus haut sur le trajet du nerf.
Cette base ne propose ni diagnostic, ni protocole médical. Elle fournit une grille de lecture mécanistique indispensable à toute prise en charge cohérente, et clarifie les situations où une approche fonctionnelle est pertinente, versus celles où une atteinte structurelle impose une évaluation spécialisée.
2. Schéma logique (clé de lecture)
Le schéma ci-contre propose une lecture synthétique et opérationnelle des mécanismes décrits dans cette base de connaissances.
Il représente la chaîne de désadaptation progressive qui peut conduire à la névralgie pudendale : à partir de l’interaction entre posture et assise, des contraintes mécaniques répétées peuvent générer des verrous et altérer le glissement du nerf pudendal dans ses interfaces fasciales.
Avec le temps, l’environnement tissulaire du nerf peut se densifier, réduisant sa tolérance aux contraintes. Lorsque la réserve adaptative du système est dépassée, apparaît une douleur neuropathique souvent mal localisée — la douleur projetée selon le “trident” pudendal.
Cette complexité mécano-neuro-fasciale favorise l’errance diagnostique. Dans les formes chroniques, s’installe fréquemment une sensibilisation centrale, où le système nerveux devient hyper-réactif.
Ce schéma n’a pas vocation à remplacer la lecture des chapitres : il en constitue la boussole et le fil rouge.
3. Parcours de lecture recommandé
La compréhension de la névralgie pudendale repose sur une progression logique. Chaque page ci-dessous est autonome, mais s’inscrit dans un raisonnement global (anatomie → verrous → projections → triage → tissus → chronicisation).
3. Parcours de lecture recommandé
La compréhension de la névralgie pudendale repose sur une progression logique. Chaque page ci-dessous est autonome, mais s’inscrit dans un raisonnement global (anatomie → verrous → projections → triage → tissus → chronicisation).
4. Accéder aux chapitres
5. Comment utiliser cette base
- Lire dans l’ordre pour une compréhension complète (anatomie → mécanique → triage → tissus → chronicisation).
- Accéder directement à un chapitre selon la question : posture et assise, douleur urinaire “sans infection”, douleur rectale, etc.
- Comparer structurel vs fonctionnel avant de conclure à une stratégie unique : une NP n’est pas une seule maladie, mais un spectre.
- Utiliser cette base comme grille de lecture : elle ne remplace pas un avis médical et ne constitue pas un diagnostic.
La NP peut associer plusieurs mécanismes (verrous multiples + perte de glissement + hypertonie + sensibilisation). Une amélioration posturale peut être un indicateur fort de mécanisme fonctionnel, sans exclure une vulnérabilité structurelle.
6. Conclusion
La névralgie pudendale ne peut pas être comprise par une lecture unique. Elle résulte d’interactions entre la géométrie pelvienne, les contraintes mécaniques de l’assise, la dynamique tissulaire (fascias et glissement), la régulation neuro-musculaire (hypertonie de protection) et, parfois, une sensibilisation centrale installée avec le temps.
Cette base de connaissances vise à fournir des clés de compréhension robustes : identifier les zones de vulnérabilité, distinguer structurel et fonctionnel, comprendre la douleur projetée, et replacer la souffrance dans une logique cohérente — condition nécessaire pour éviter l’errance et réconcilier le vécu clinique avec des mécanismes explicables.
